Depuis quelques années il est intéressant de constater l’émergence d’outils collaboratifs externes dans les entreprises qui désirent intégrer des partenaires privilégiés dans leur chaîne logistique (ou chaîne de valeurs). L’apparition de ces outils est le résultat d’une diminution du nombre de fournisseurs en jeu et de la coopération-collaboration plus présente entre les partenaires d’affaires privilégiés qui sont parfois éloignés géographiquement (1).
Les systèmes de gestion de bases de données (SGBD) permettent la concentration des informations dans les entreprises et fournissent des outils de prise de décision précis et rapides. Le poste informatique devient réellement l’assistant du décideur (2). Dans un contexte d’externalisation, de sous-traitance ou de partenariat avec les fournisseurs, l’utilisation de systèmes inter-entreprises (ou inter-fonctionnels) permet l’échange d’information via des réseaux sécurisés et dédiés aux seules personnes autorisées. Ces réseaux sont nommés extranet. Via le portail extranet, l’accès aux données en temps réel favorise une relation très étroite entre l’entreprise et son fournisseur, une diminution du temps de réaction et un service plus réactif et flexible. Souvent, l’approvisionnement s’effectue selon le modèle juste-à-temps dans ce genre de collaboration. D’ailleurs, selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Université de Grenoble (1), la relation avec les fournisseurs serait améliorée par l’utilisation des technologies de l’information. L’information en temps réel est nécessaire dans un contexte de flux tendu puisqu’elle permet de prendre les décisions au moment opportun. En effet, les informations ont une période de validité en dehors de laquelle la prise de décision est inutile (2).
Quelques freins sont cependant rencontrés pour la mise en place de technologies de l’information chez les fournisseurs. Le coût est le principal obstacle mentionné en plus du faible retour sur l’investissement appréhendé et des moyens humains peu ou pas disponibles (1).
Le système EDI encore utilisé dans plusieurs entreprises reflète la première tentative d’échange de données informatisées (EDI). Cette approche permettait l’échange de données et non l’intégration des processus entre les partenaires. Les entreprises coopèrent davantage avec les systèmes d’information comprenant des modules étendus. Ils utilisent maintenant la même information à travers des systèmes compatibles. Les relations sont plus approfondies et durables à long terme ce qui permet l’établissement de partenariats forts. Les systèmes inter-entreprises deviennent réellement un avantage concurrentiel pour les entreprises qui les intègrent avec leurs fournisseurs.
Référence :
1. SPALANZANI Alain et Ageron BLANDINE, «Technologies de l’information et de la communication de la chaîne logistique en amont : pratiques d’entreprises», Cahier de recherche, Université de Grenoble, no 2009-15 E5, version 1-26 Nov 2010.
2. FERNANDEZ Alain, «Les nouveaux tableaux de bord des managers», Le projet décisionnel dans sa totalité, Eyrolles, cinquième édition, 2011.
3. BERNIER Carmen, «Les TI et les affaires électroniques», notes de cours SIO-1000, Université Laval, Automne 2011.